19/02/2007

Discrete constance

17042 lowQJe suis allé voir Taxi 4, hier.



Mais non !
Quelle blague ;-) Jamais de la vie. Ah, la bonne nouvelle du jour c'est que Luc BESSON a dit qu'il arrêtait là.

Je n'aime pas l'idée de chroniquer une oeuvre dans ces colonnes, mais une fois n'est pas coutume et puis dans la suite de mon précédant billet; ça n'est pas une chronique dont il est ici question (d'ailleurs, je ne rendrais pas justice au film), mais de mon sentiment personnel sur un film qui m'a touché, tres délicatement, pas un film fort, peu de rebondissements, pas de drame (ou presque); Romeo & Juliette sont loins.
Juste un suspense éminemment simple : le désir qui sommeille en nous de voir le miracle s'accomplir et durer. Le miracle de l'amour, bien sûr.

17040 lowQDimanche, j'ai donc vu "Lady Chaterley (et l'homme des bois)", le film de Pascale FERRAN.
Je ne connaissais pas du tout le(s) livre(s).
J'ai lu quelque part que c'était un film érotique. Ah bon ?

On pourrait facilement tomber dans les clichés du film français typique; à savoir : une femme nue très tôt dans le début du film, et plusieurs scènes d'amour "directes" d'entrée de jeu; à un point qu'on se demande si le film tournera uniquement autour de ça ;-)

A la différence que, dans le cas présent, cela va de soi. Ca n'est absolument pas racoleur. Et puis, c'est quand même l'idée de départ du film : une jeune femme discrète et silencieuse découvre, ou redécouvre l'amour, s'épanouit, s'émerveille de la nature (ce moment crucial avec les poussins ...), elle s'éveille et s'ouvre au monde. C'est aussi simple, et peut-être ridicule pour certaines personnes, c'est pourtant ça, et c'est le point de départ du film : alors qu'elle est très fatiguée, Constance se voit conseiller d'aller faire un tour dans les bois de sa magnifique propriété. Aussi ridiculement simple que lorsque j'ai (re)découvert le Parc Montsouris et le goût de la promenade.

17044 lowQUn des rares films où les scènes d'amour n'émaillent pas le film (de manières plus ou moins incongrues) ... mais sont à la base du film. Moi-même qui ne suis pas très friand de ce genre de scène bien souvent "obligées" (par les réalisateurs, comme une tentative de réalisme psychologique), je ne me suis pas senti gêné, et encore moins lassé ou ennuyé.

Le réalisme y a la part belle, de manière générale : le champ des oiseaux, des plans sur les couleurs automnales des feuilles sur le sol, etc ... En exagérant, on dirait un réalisme proche des films de HERZOG, qui oscillent entre reportage et romance. Ce qui n'est pas si idiot, à vrai dire, car dans un cas comme dans l'autre, on ne fait pas rêver en trichant, pas d'esbroufe, pas de numéros d'acteurs, un cinéma très "naturel" en somme. Et c'est pourquoi j'ai aimé ce film. C'est tres beau.
Un détachement qui permet de se plonger dans le contexte et découvrir cette part de rêve qu'est l'amour. Au même titre que certaines musiques (comme celle d'Harold BUDD en général) que je qualifie de non-intrusive, c'est un film qui ne force pas le passage.

Et au final, un film d'amour sans fioritures, sans effets dramatiques, une belle mise en image du petit jardin secret.
J'ai été très touché, subtilement, fortement, et profondément touche ... et tout ça sans avoir été bousculé ! :-)


P.S.
Ca serait intéressant de voir comment Hollywood traiterait le sujet... En tout cas, il y a fort à parier que la "conclusion" serait moins subtile, et la morale ... très moraliste.

18:36 Écrit par Eric dans Amour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : velours, nature |  Facebook |

Commentaires

L'érotisme serait-ce la pornographie des sages ?

Écrit par : Nola | 22/02/2007

>> On pourrait dire ça.
Mais dans le cas présent, je trouve le terme de "film érotique" mal adapté.
Le sujet du film en question, c'est l'amour, la sensualité; mais le film n'a pas un but érotique (comme on pourrait le croire quand on a en tete la définition usuelle de "film érotique").

Bien à toi,

Écrit par : Eric | 22/02/2007

Tu as de la chance Je devrai encore attendre un peu, jusqu'au 7 mars, pour pouvoir découvrir ce "Lady Chatterley".
C'est un film qui me parle, sans l'avoir vu.

Écrit par : Journal57 | 25/02/2007

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